Troubles au Tibet le 10 Mars 2008
Par Dominique le samedi 15 mars 2008, 11:56 - Asie - Lien permanent

Tibet : 100 morts selon le gouvernement en exil
Les manifestations pour l'anniversaire du soulèvement de 1959, ont été violemment réprimé à Lhassa le 10 Mars 2008.
Les émeutes vendredi à Lhassa, la capitale du Tibet, auraient fait jusqu'à cent morts, selon des "informations non confirmées" reçues par le gouvernement tibétain en exil. Selon ces mêmes informations, la loi martiale aurait été instaurée dans la ville.
Voitures et magasins incendiés sur la place Barkhor, devant le temple Jokhand situé dans le centre de Lhassa.Des violences ont eu lieu vendredi dans la capitale du Tibet où les manifestations se succèdent depuis plusieurs jours.
Le gouvernement en exil s'est déclaré "hautement préoccupé" par des informations "émanant des trois régions du Tibet et faisant état de personnes tuées au hasard, de blessés et d'arrestations de milliers de Tibétains qui manifestaient pacifiquement contre la politique chinoise".
Les manifestations anti-chinoises de vendredi à Lhassa, les plus sanglantes depuis 1989 au Tibet, ont fait au moins 10 morts, selon l'agence Chine nouvelle, et de nombreux blessés, dans une ville désormais quadrillée par l'armée.

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Les manifestations indépendantistes de ces derniers jours au Tibet, sans précédent depuis une vingtaine d'années, ont dégénéré vendredi à Lhassa, où des boutiques et des voitures ont été incendiées et où des morts ont été signalés.
D'après les témoignages recueillis, les manifestations pacifiques de moines bouddhistes du début de la semaine ont laissé place à des scènes plus violentes dans ce territoire de l'Himalaya dont les revendications d'indépendance ont gagné en visibilité à l'approche des Jeux olympiques de Pékin.
Le 49e anniversaire du soulèvement manqué de 1959 contre le pouvoir communiste a amplifié le mouvement, conduisant le dalaï-lama, les Etats-Unis et l'Union européenne à appeler les autorités chinoises à la retenue et au dialogue.
"La situation est maintenant très chaotique", témoigne un habitant de Lhassa joint par téléphone. "Des manifestants incendient des voitures, des motos et des bus, des pierres ont été lancées contre des vitrines. Nous sommes effrayés."
Selon James Miles, journaliste britannique de The Economist cité par l'agence japonaise Kyodo, des émeutiers contrôlaient le centre de Lhassa vendredi à la nuit tombée. "Les forces de sécurité forment apparemment un cordon de sécurité autour du centre historique de la capitale tibétaine", a-t-il ajouté.
Radio Free Asia rapporte de son côté que deux personnes au moins ont été tuées lors d'affrontements avec la police chinoise.
Selon un témoin cité par Matt Whitticase, du mouvement Free Tibet Campaign basé à Londres, un millier de policiers ont été déployés face à 400 manifestants près du temple de Jokhang. Quatre policiers auraient été blessés dans ces incidents, a-t-il ajouté.
"Nous attendons ce qui se passera demain (samedi)", a dit une habitante contactée vendredi soir. "Cela pourrait empirer, nous avons peur."
Aux premières heures de samedi, l'agence Chine nouvelle a indiqué que l'ordre public était "globalement revenu à la normale" et indiqué que plusieurs personnes avaient été hospitalisées, sans préciser qui étaient les blessés.
LE DALAÏ-LAMA "PROFONDÉMENT INQUIET"
De son exil indien, le dalaï-lama, chef spirituel de la communauté tibétaine, s'est dit "profondément inquiet" face à la tournure que prennent les événements et a appelé Pékin à cesser de recourir à la force. "Ces manifestations, poursuit-il dans un communiqué, sont une manifestation du profond ressentiment du peuple tibétain face à l'administration actuelle."
Les autorités chinoises ont de leur côté accusé le dalaï-lama d'être à l'origine des troubles. "Le gouvernement de la région autonome du Tibet déclare vendredi avoir assez de preuves démontrant que les récents sabotages à Lhassa ont été 'organisés, préparés et conçus' par la clique du dalaï-lama", écrit l'agence Chine nouvelle.
"La violence, avec des voies de faits, des destructions, des pillages et des incendies, porte atteinte à l'ordre public, menace les vies et les propriétés, selon un responsable gouvernemental", ajoute l'agence.
Un porte-parole du chef spirituel tibétain a fermement démenti toute implication du dalaï-lama.
"C'est absolument sans fondement et sa Sainteté a très clairement fait connaître sa position", a dit le porte-parole, contacté par téléphone à Dharamsala dans le nord de l'Inde.
L'EXEMPLE BIRMAN ?
La mobilisation des moines tibétains rappelle le mouvement de contestation de septembre dernier au Myanmar, où là aussi les communautés religieuses bouddhistes avaient été le fer de lance de la remise en cause de la junte, matée par les généraux.
Trois monastères ont été fermés par décision administrative, selon International Campaign for Tibet, une organisation basée à Washington, qui cite des voyagistes.
Lundi, un demi-millier de moines du monastère de Drepung avaient organisé une marche à Lhassa, suivie par des actions menées par des moines des monastères de Sera et Ganden, dans les environs de la capitale tibétaine. Deux moines de Drepung seraient dans un état critique après une tentative de suicide, selon Radio Free Asia. D'autres auraient été arrêtés.
Le contrôle qu'exerce depuis 1950 la Chine sur l'ancienne théocratie himalayenne est devenu l'un des points de focalisation des critiques portées contre le régime communiste avant l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août.
Selon deux témoignages recueillis par téléphone, la loi martiale aurait été proclamée, mais l'information n'a pu être confirmée auprès du Bureau d'information du Conseil d'Etat, où l'on renvoie aux propos tenus jeudi par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qui avait accusé les manifestants de "chercher à déclencher des troubles sociaux".
En 1989, année de la répression place Tiananmen, la Chine avait imposé la loi martiale au Tibet pour mater des manifestations anti-chinoises. L'actuel président Hu Jintao était alors le dirigeant local du Parti communiste.
Version française Natacha Crnjanski et Henri-Pierre André
..Le chef spirituel des Boudistes tibétains qui , depuis longtemps a déclaré renoncer à réclamer l'indépendance pour son pays ( il demande une " large autonomie culturelle " ), a fait lundi une déclaration d'une rare sévérité. Le lauréat, en 1989 du pris Nobel de la paix, s'est élevé contre "les violations des droits de l'homme " commises par la Chine au Tibet: "Depuis près de six décennies, des Tibétains vivent en permanence dans la peur et sous la répression chinoise " s'est -il exclamé.
Cinq décennies de conflit
1er octobre 1949 Mao Zedong proclame la fondation de la République populaire de Chine.
1950 Invasion du Tibet.
1956 Premières révoltes de Tibétains.
1959 Les troupes chinoises répriment une rébellion au Tibet, le chef spirituel des Tibétains, le dalaï-lama, s'exile en Inde.
1962 Guerre sino-indienne.
1966 - 1976 Révolution culturelle : tous les monastères sont rasés.
1989 Émeutes à Lhassa, une vingtaine de manifestants sont tués.
2001 Le dalaï-lama est reçu à la Maison-Blanche.
Billet évolutif : 17 Mars
2008 Le Tibet se rebelle
Partout dans le monde des rassemblements ont eu lieu
hier pour protester contre la répression des manifestations. Ici à Dharamsala
en Inde, des sympathisants tibétains se sont réunis devant la résidence du
DalaÏ-Lama.
Tandis que les circonstances exactes des émeutes survenues vendredi à Lhassa
restent pour l'heure nébuleuses, les appels au calme se multiplient. Lors d'une
conférence de presse, le Dalaï-Lama s'en est pris aux autorités chinoises.
" Elles s'appuient uniquement sur la force de façon à obtenir un simulacre
de paix.Une paix ammenée par la force au moyen d'un régime de terreur". De
son côté la communauté internationale a fait part de son inquiétude Vendredi,
les Etats-unis et l'Union européenne ont appelé la Chine à de la
"retenue"..
Message du Dalaï-Lama
Dharamsala March 18, 2008
I would like to take the opportunity to express my deep gratitude to world leaders and the international community for their concern over the recent sad turn of even in Tibet and for their attemps to persuade the Chinese authorities to exercise restraint in dealing with the demonstrations.
Since the chinese government has accused me of orchestrating these protest in Tibet. I call for a thorough investigation by a respected body, which should include chinese reprentatives, to look into these allegations. Such a body would need to visit Tibet, the traditional Tibetan areas outside the Tibet Autonomous region, and also the central Tibetan administration here in India. In order for the international community, and espacially the more than one billion Chinese people who do not have access to uncensored information, to find out what is really going on in Tibet, it would be tremendously helpful if representatives of the international media also undertook such investigations.
Wether it was intended or not, I believe that a form of cultural genocide has taken place in Tibet, where the tibetan identity has been in constant attack. Tibetans have been reduced to an insignificant minority in their own land as the result of the huge transfer of non- Tibetans inti Tibet. The distinctive Tibetan cultural heritage with its characteristic language, customs ansd traditions is fading away. Instead of working to unify its nationalities, the chinese governement discriminates against these minority nationalities. The Tibetans among them.
It is common knowledge that Tibetan monasteries, which constitute our principal seats of learning, besides being the repository of Tibetan Buddhist culture, have been severely reduced in both in number and population. In those monasteries that do still exist, serious study of Tibetan Buddhism is no longer allowed, in facr, even admission to centers of learning is being strictly regulated. In reality, there is no religious freedom in Tibet. Even to call for a little more freedom is to risk being labeled a separatist. Nor is there any real autonomy in Tibet, even though these basic freedoms are guaranteed by the chinese contitution.
I believe the demonstrations and protests taking place in Tibet are a spontaneous outburst of public resentment built up by years of represssion in defiance of authorities tha are oblivious to the sentiments of the local populace. They mistakenly believe that further repressive measures are the way to achieve there declared aim of long-term unity and stability.
On our part, we remain committed to taking the Middlle Way approach and pursuing a process of dialogue in order to find a mutually beneficial solution to the Tibetan issue.
With this points in mind, I also seek the intenational community's support for our effort to resolve Tibetan's problems through dialogue, and I urge them to call upon the chinese leadership to exercise th utmost restraint in dealing with the current disturbed situation and to treat those who are being arrested.
Properly and fairly
Dalaï lama
30 Mars 2008
Ce matin j'ai reçu cette image là....





Commentaires
Et dire qu'il y en a sous nos latitudes, comme en cette semaine d'élections, qui font encore des alliances avec les communistes.
Les Tibétains ont droit de vivre sur leurs terres, depuis 1950 ils sont des exilés, ont subi des violences, les moines sont des gens pacifiques sans armes pour se défendre, le Dalai- lama doit avoir le droit de vivre et mourir chez lui. Le Tibet doit être un pays libre.
C'est triste à dire mais il n'est toujours resté qu'un champ de ruine derrière les régimes communistes, quand les libérateurs deviennent des dictateurs, ce sont des incarcérations arbitraires, des délits d'opinions et des salaires de misère.