Les vidéos, visibles sur le site "Time for justice, Cambodia", sont en langue khmer, mais soustitrée en anglais. On doit cette belle expérience pédagogique (financée par les Britanniques) à l'Asian International Justice Initiative, un projet réunissant le East-West Center qui promeut la recherche, l'éducation et le dialogue entre l'Asie et les Etats-Unis, et le Centre pour les études sur les crimes de guerre de Berkeley et Honolulu. Depuis 2003, les deux centres collaborent à des programmes de justice et de promotion des droits de l'homme en Asie du sud-est.

Cette opération, très accessible et rare pour promouvoir la justice internationale, a été précédée de trois films pédagogiques. Présentés à la télévision cambodgienne avant le début du procès, ils visent à expliquer l'ampleur des crimes commis contre le peuple cambodgien par les Khmers rouges (au moins 1,7 million de morts entre 1975 et 1979), la responsabilité des criminels de guerre et le souvenir des survivants et/ou des témoins.

Cette fois, la fiction est de mise (voir ci-dessous). Une famille sert de guide dans le pays, l'histoire du Cambodge et le tribunal Khmer rouge (les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens). Les parents tentent de transmettre aux enfants les faits et leçons d'un passé méconnu et ignoré au Cambodge. " liberation"/Arnaud Vaulerin"


Diaporama sonore de John Vink/Magnum sur la demande de pardon de Duch, sur Ka-set.info


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Ce billet est évolutif..........suite aujourd'hui 25 Novembre 2009


Cambodge: le procès des Khmers Rouges a-t-il déjà eu lieu?

Le procureur international du tribunal de Phnom Penh a finalement renoncé à réclamer la perpétuité contre l'ancien tortionnaire khmer rouge, aujourd'hui âgé de 67 ans.

Rejoignant le souhait du co-procureur Chea Leang qui exigeait "une longue peine", le procureur international du tribunal de Phnom Penh a réclamé 40 ans de réclusion contre l'ancien tortionnaire khmer rouge Douch. Une peine destinée selon lui à rendre leur "humanité" à ses victimes.

Pas de réclusion à perpétuité

"La seule peine appropriée devrait être la réclusion à perpétuité" mais "divers facteurs militent pour que cette peine soit commuée", a déclaré William Smith.

Le magistrat a notamment évoqué les quelque dix ans de détention provisoire effectués par Douch, dont une partie était juridiquement illégale, ainsi que sa coopération "partielle" avec la cour, ses remords et sa "contribution à la réconciliation nationale".

Anticipant les plaidoiries de la défense, qui avait déjà indiqué vouloir tenter d'éviter la perpétuité à Douch après ses aveux répétés à l'audience, il a ajouté: "en imposant cette peine, vous ne privez pas l'accusé de son humanité, vous la rendez aux victimes de S-21", le camp, dirigé par Douch dans lequel plus de 15 000 personnes ont trouvé la mort .





AFP/MARK PETERS

L'ex-patron de la prison de Tuol Sleng sous le régime khmer rouge, Kaing Guek Eav, alias Douch, lors de son procès à Phnom Penh le 24 novembre 2009.


Ce billet est évolutif..........suite aujourd'hui 21 Mars 2011

Cambodge : la perpétuité requise contre Douch


Les procureurs du Tribunal international de Phnom Penh ont requis, mardi, la perpétuité contre "Douch", tortionnaire sous le régime des Khmers rouges, en dénonçant des aveux sélectifs et calculés lors de son procès en appel. Kaing Guek Eav, alias Douch, ex-chef de S-21, la prison de la capitale entre 1975 et 1979, avait été condamné à trente ans de détention en juillet 2010 après des aveux complets et une coopération importante avec la justice.

Mais il comparaît cette semaine en appel, en réclamant sa libération pure et simple. Sans revenir sur ses aveux, il affirme échapper à la compétence du tribunal, arguant qu'il n'était un haut responsable ni du régime lui même, ni des crimes perpétrés. "La contestation tardive par l'accusé du fondement légal de son accusation et sa demande de libération soulignent (...) la nature fausse, sélective et opportuniste de sa coopération avec la cour", a dénoncé le procureur international, Andrew Cayley.

En première instance, les juges s'étaient notamment appuyés sur les aveux du tortionnaire pour justifier de lui épargner la perpétuité. "Cet appel et la contestation de la compétence de la cour indiquent que cette coopération n'était ni volontaire ni désintéressée", a rétorqué le co-procureur. Il a requis la perpétuité commuée en quarante-cinq ans de détention, pour compenser quelques années de détention provisoire illégales car purgées avant que la cour soit formellement constituée.

QUINZE MILLE PERSONNES TORTURÉES ET EXÉCUTÉES

Douch a reconnu avoir supervisé la torture et l'exécution de quinze mille personnes. Mais ses avocats, qui ont délaissé la stratégie de l'aveu adoptée jusqu'au dernier jour du premier procès, ont affirmé lundi qu'il n'avait été qu'un "secrétaire" sans autorité réelle au sein de l'appareil khmer rouge. Le verdict de la Cour suprême du tribunal est attendu en juin.

Environ deux millions de personnes sont mortes sous la torture, d'épuisement ou de malnutrition dans la mise en œuvre de l'utopie marxiste délirante et abjecte des Khmers rouges, avant qu'ils ne soient renversés par les Vietnamiens. Dans quelques mois, doit débuter le procès de quatre hauts dirigeants du régime, dont le "frère numéro deux" et idéologue Nuon Chea. Aucun d'entre eux, à l'inverse de Douch, n'a l'intention de plaider coupable. "Le frère numéro un", Pol Pot, est mort en 1998, sans avoir été inquiété.