« LA FIN DE R.E.M
- FIN 2011 »
Hubert Nyssen: Génération Actes Sud
Par Dominique le samedi 19 novembre 2011, 19:10 - Divers
- Lien permanent

Dimanche dernier, l’écrivain et éditeur Hubert Nyssen disparaissait à l’âge
de 86 ans laissant derrière lui une formidable maison d'édition crée à la fin
des années 70.
Paul Auster («Moon Palace»), Nina
Berberova («L’Accompagnatrice»), Camilla Läckberg («La Princesse des glaces),
Mathias Enard ("Zones"), Imre Kertesz, prix Nobel de littérature ou encore Don
DeLillo («Outremonde»): la liste est longue des écrivains découverts ou
redécouverts en France grâce à l’amour de la littérature d’un homme, Hubert
Nyssen, qui a su développer avec l’aide de ses proches, notamment de son épouse
Christine Le Bœuf – à qui l’on doit notamment les excellentes traductions des
romans de Paul Auster - une maison d’édition à succès, Actes Sud. A l’origine,
il s’agissait pourtant d’un projet un peu fou, tant le milieu de l’édition
semblait réservé à un microcosme parisien, mais l’Atelier de cartographie
thématique et statistique (Actes), fondé en 1969 par Hubert Nyssen et
Jean-Philippe Gautier, est devenu au fil des années une entreprise
florissante.
Le jackpot Millenium
Essayiste et écrivain réputé, né à Bruxelles en 1925 et naturalisé Français
en 1976, Hubert Nyssen franchissait le pas en 1978 en se lançant dans l’édition
généraliste, avec la publication d’un premier ouvrage, «La Campagne inventée»,
de Michel Marié et Jean Viard. En 1983,Actes Sud s’installait à Arles, au lieu-dit Le Méjan, en
bord de Rhône, avec un catalogue de plus de cent titres. Deux ans plus tard, la
petite maison d’édition s’offrait son premier grand succès en librairie,
«L’Accompagnatrice» de Nina Berberova. Deux ans plus tard, en 1987, paraissait
le premier volume d’une trilogie new-yorkaise d’un écrivain américaine alors
inconnu, un certain Paul Auster («Cité de verre»).
La fée de la réussite n’allait pas abandonner l’ancien résistant. Et les
romans publiés chez Actes Sud ont multiplié les prix littéraires : le prix
Médicis du roman étranger pour «Léviathan» de Paul Auster, le prix Goncourt
pour «Le Soleil des Scorta» de Laurent Gaudé, le prix Femina en 2006 pour Nancy
Huston («Lignes de faille»), sans oublier le prix de la meilleure
bande-dessinée de l’année à Angoulême pour Gipi et ses «Notes pour une histoire
de guerre». Cette dernière récompense illustre à merveille la diversité dans la
qualité d’Actes Sud, dont le nom sur une couverture est souvent le meilleur
argument de vente. En 2006, c’est le jackpot: Actes Sud publie le premier tome
de la trilogie «Millenium» de Stieg Larsson dans sa collection policière, Actes
Noir. Pour Hubert Nyssen, fait Docteur Honoris Causa de l’Université de Liège
en 2003 et Officier de la Légion d’honneur en 2005, c’est aussi l’assurance que
son petit «empire» éditorial survivra à sa disparition, avec sa fille aînée,
Françoise comme présidente du directoire et une vraie image de marque, solide
et diversifiée.
Yannick Vely