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UNE OPÉRATION DÉLICATE

Lancé le 26 novembre 2011 de Cap Canaveral en Floride, le robot à six roues est l'engin d'exploration le plus gros et le plus perfectionné jamais envoyé sur une autre planète. Mais son atterrissage était aussi le plus difficile auquel ait jamais été confrontée la NASA, car il est trop lourd pour que l'impact soit amorti par des sacs à air. Les ingénieurs ont donc conçu une sorte de grue munie de rétrofusées, censée tenir l'engin à l'aide de cordes pendant les dernières secondes de sa descente. Avant cela, le vaisseau devait connaître sept minutes de chute vertigineuse durant lesquelles sa vitesse devait passer de 21 243 à 2,74 km/h.

"Si nous réussissons, ce sera l'un des plus grands exploits dans l'histoire de l'exploration spatiale", avait affirmé dimanche Doug McCuistion, directeur de programme d'exploration de Mars à la NASA. Seules 40 % des tentatives d'envoyer des vaisseaux sur Mars ont jusqu'ici été couronnées de succès, a-t-il aussi rappelé. Curiosity – si tout continue à se passer comme prévu – vient allonger la liste des missions martiennes américaines réussies, après Viking 1 et 2 (1976), Pathfinder (1997), Mars Exploration Rovers (2004) ou Phoenix (2008).

Alimenté par un générateur nucléaire, Curiosity tentera de découvrir si l'environnement martien a pu être propice au développement de la vie microbienne. Pour cela, le robot possède de nombreux outils – dont certains de conception et de fabrication françaises –, notamment un mât avec des caméras à haute définition et un laser. D'autres instruments scruteront l'environnement pour y chercher des molécules de méthane, un gaz souvent lié à la présence de la vie, déjà détecté sur Mars à certaines saisons par un orbiteur américain. Le robot pourra aussi faire des prélèvements en perçant le sol, et les analyser.

Le Monde