Rappelons que la polygamie a été abolie à Mayotte (pour les nouveaux mariages uniquement, pas pour ceux existants) lors de la transformation du territoire en Département d’Outre-Mer, effective depuis le 31 mars 2011. Bien que ce changement de statut ait été approuvé par 95% des Mahorais, la prohibition de la polygamie continue de faire débat, comme le prouve la photo ci-dessus, prise par un de nos lecteurs lors d’une manifestation tenue devant la préfecture.
Il est piquant de constater que la revendication exprimée par les autorités coutumières musulmanes mahoraises rejoint de facto celle exprimée par un certains nombre de féministes, telle l’Américaine Jillian Keenanqui expliquait dans les colonnes de Slate, le 24 avril dernier :
« La définition du mariage est souple. Tout comme le mariage hétérosexuel n’est ni meilleur, ni pire que le mariage homosexuel, l’union de deux adultes n’est intrinsèquement ni plus ni moins « correcte » que celle de trois (ou quatre, ou six) adultes consentants. Les polygames ont beau être une minorité – une minuscule minorité en fait – la liberté n’a aucune valeur si elle ne s’étend pas aux plus petites et aux plus marginalisées de nos communautés. »
Il faut croire que le féminisme radical fait des adeptes dans des milieux a priori fort éloignés de ses thèses. La loi Taubira aussi…